Les chaussures d’Alex

par Renaud

Au début, Alex ne voulait pas monter trop haut : ses chaussures des Alpes devaient amplement lui suffire.

Et puis à force de regarder les cartes avec nous, elle s’est dit que ce serait bien d’avoir de vraies chaussures pour l’Himalaya.

Un caprice en quelque sorte. Le problème, c’est que c’était juste une semaine avant le départ ! Et je ne sais pas si vous voyez partout des chaussures comme ça pas trop cher (Alex a une conscience quand même), mais si vous avez une adresse je suis preneur. Branle-bas de combat donc: on a appelé tous les potes, on a appelé tous les magasins, rien ou toujours au dessus de 500 euros… Et vu qu’on part pas en expé tous les jours et que ça fait un peu tâche dans les Alpes, c’est dur à rentabiliser ! Désespoir. Par miracle, en remuant le fond des étagères d’un magasin Grenoblois, on a trouvé des chaussures à sa taille et en super promo (normal, quelle fille voudrait mettre ça ?): des Crispi Top Expedition.

Ce sont des chaussures conçues pour le ski nordique, vraiment adaptées au grand froid. Mais pas du tout à l’alpinisme ! Elles ont un gros ergo à l’avant qui permet de les fixer directement sur les skis. Malheureusement, en plus d’être moche et inconfortable, l’ergo empêche de mettre les crampons. C’est à ce moment que j’aurai dû me taire: voulant la rassurer je lui ai dit dans le magasin que pas de problème, un simple coup de scie et le tour est joué.

J’ai donc passé mon samedi matin à découper et à tailler des excroissances de caoutchouc selon des traits scrupuleusement étudiés.

Un problème est bien vite apparu. Malins, les concepteurs avaient glissé un petit renfort métallique dans l’excroissance en question. La scie égoïne n’a pas spécialement apprécié mais la scie à métal s’est vite chargée de lui régler son compte. Malgré cela, en chauffant le métal, la scie fait fondre le caoutchouc qui a alors une forte tendance à coller sur la lame. Il y a une vitesse critique qui permet de garder le caoutchouc en fusion : en dessous, le mieux est d’aller directement chez le quincailler du coin racheter une scie, et une chaussure.

Bref, tout ça pour dire que tout va bien. Alex reviendra avec ses petits pieds et moi en rentrant, je me fais cordonnier comme ma grande tante. On a déjà tout le matos à la maison, et puis c’est tellement agréable de passer son samedi matin enfermé dans l’atelier alors qu’il fait grand beau dehors!

Mais c’est sans rancune, Alex n’aura plus aucune excuse pour ne pas retourner en expé l’année prochaine…

Renaud

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